Le glycopyrronium est un médicament anticholinergique (antimuscarinique) qui bloque l’action de l’acétylcholine sur les récepteurs muscariniques dans l’organisme, réduisant ainsi les sécrétions et relaxant les muscles lisses. Il a été développé pour la première fois dans les années 1960 et introduit en pratique médicale à la fin des années 1960 et dans les années 1970, initialement comme médicament pré-anesthésique pour réduire les sécrétions salivaires et respiratoires pendant la chirurgie. Au fil du temps, ses indications cliniques se sont élargies au traitement de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) sous forme inhalée, à la prise en charge de l’hyperhidrose (transpiration excessive), ainsi qu’au contrôle de la salivation excessive et des sécrétions en soins palliatifs. Les formulations inhalées modernes utilisées pour la BPCO ont été développées beaucoup plus tard et sont devenues largement disponibles au début des années 2010.
NOMS COMMERCIAUX
Inhalateurs (BPCO/Asthme) :
Bevespi Aerosphere, Breztri Aerosphere, Seebri Breezhaler, Enerzair Breezhaler, Trixeo Aerosphere, Lonhala.
Formes orales (hypersalivation/ulcères) :
Robinul, Robinul Forte, Glycate, Dartisla ODT, Sialanar (solution buvable).
Formes topiques (transpiration) :
Qbrexza.
Injection (chirurgie) :
Robinul.
MÉCANISME D’ACTION
Le glycopyrronium est un antagoniste compétitif des récepteurs muscariniques (M1–M5), bloquant l’action de l’acétylcholine. Cela réduit l’activité parasympathique, entraînant une diminution des sécrétions (salivaires et bronchiques), une bronchodilatation, une réduction de la transpiration et une inhibition des contractions des muscles lisses.
PHARMACOCINÉTIQUE
Absorption :
Le glycopyrronium est un composé d’ammonium quaternaire, donc faiblement absorbé par le tractus gastro-intestinal en raison de sa forte polarité et de sa charge positive permanente. La biodisponibilité orale est très faible.
Distribution :
La distribution est limitée dans l’organisme. Il traverse difficilement les membranes cellulaires et la barrière hémato-encéphalique. Le volume de distribution est faible et il reste principalement dans le liquide extracellulaire.
Métabolisme :
Une petite fraction est métabolisée après administration intraveineuse. Les voies métaboliques ne sont pas clairement caractérisées.
Élimination :
Le glycopyrronium est éliminé principalement par les reins. Une grande partie du médicament est excrétée sous forme inchangée dans l'urine, tandis qu'une plus petite quantité est éliminée par la bile et les selles. Sa demi-vie d'élimination varie en fonction de la voie d'administration mais est généralement de quelques heures pour les formes injectables/orales et plus longue pour les formulations inhalées en raison d'une action prolongée.
PHARMACODYNAMIE
Le glycopyrronium est un antagoniste muscarinique (LAMA) à action prolongée, avec une forte affinité pour les récepteurs M3 et M1. Il provoque une bronchodilatation de 24 heures chez les patients atteints de BPCO, réduit les sécrétions et exerce des effets anticholinergiques systémiques limités grâce à une faible pénétration du système nerveux central.
ADMINISTRATION
Le glycopyrronium est administré par plusieurs voies selon l'indication : il est administré par inhalation (inhalateur de poudre sèche ou nébuliseur) pour la prise en charge de la BPCO, par voie orale sous forme de comprimés ou de solution pour des affections comme l'hyperhidrose ou la bave, par voie intraveineuse ou intramusculaire avant une intervention chirurgicale pour réduire les sécrétions, et par voie topique (lingettes ou crèmes) pour une transpiration excessive localisée. L'itinéraire est choisi en fonction de la condition traitée et des besoins du patient.
POSOLOGIE ET DOSAGE
La posologie du glycopyrronium dépend de l'indication et de la voie d'administration. Pour la BPCO, il est généralement administré à raison de 50 mcg une fois par jour par inhalation. En utilisation pré-anesthésique, il est administré à raison de 0,004 mg/kg (IV ou IM). Pour une utilisation orale (comme l'hyperhidrose ou la bave), les doses typiques sont de 1 à 2 mg prises 2 à 3 fois par jour, ajustées en fonction de la réponse du patient. Les formes topiques sont généralement appliquées une fois par jour sur la zone touchée.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Le glycopyrronium peut interagir avec d’autres médicaments anticholinergiques, augmentant les effets secondaires (sécheresse buccale, constipation, rétention urinaire). Les médicaments concernés incluent l’atropine et l’ipratropium. Il peut également diminuer l’efficacité des médicaments stimulant la motricité gastro-intestinale (ex. métoclopramide). Les antihistaminiques et antidépresseurs tricycliques peuvent intensifier les effets secondaires.
INTERACTIONS ALIMENTAIRES
Le glycopyrronium a des interactions alimentaires minimes et significatives. Il peut généralement être pris avec ou sans nourriture. Cependant, le prendre avec de la nourriture peut aider à réduire un léger inconfort gastro-intestinal chez certains patients.
CONTRE-INDICATIONS
Le glycopyrronium est contre-indiqué chez les patients présentant des affections dans lesquelles les effets anticholinergiques peuvent aggraver la maladie. Ceux-ci incluent le glaucome à angle fermé, la rétention urinaire (comme en cas d'hypertrophie de la prostate), la constipation sévère ou l'obstruction intestinale et l'iléus paralytique. Il doit également être évité chez les patients présentant une hypersensibilité au médicament et utilisé avec prudence chez les patients atteints de myasthénie grave, car il peut aggraver la faiblesse musculaire.
EFFETS SECONDAIRES
Sécheresse buccale
Constipation
Rétention urinaire (difficulté à uriner)
Vision trouble
Diminution de la transpiration (peut entraîner une intolérance à la chaleur)
SURDOSAGE
Le surdosage entraîne une toxicité anticholinergique sévère : sécheresse buccale, vision floue, tachycardie, fièvre, rétention urinaire, constipation, confusion, hallucinations.
TOXICITÉ
La toxicité du glycopyrronium résulte d’une action anticholinergique excessive. Les symptômes incluent sécheresse buccale intense, hyperthermie, tachycardie, rétention urinaire, constipation, agitation, confusion et hallucinations. Dans les cas graves, cela peut évoluer vers des convulsions ou un coma.