L'anlotinib, un inhibiteur de la tyrosine kinase (ITK) utilisé pour traiter divers cancers, a été développé dans les années 2000 et approuvé pour un usage médical en Chine en 2018. Son histoire est marquée par son efficacité dans l'inhibition de l'angiogenèse et de la croissance tumorales, en particulier dans le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), mais aussi par des recherches en cours concernant des effets indésirables  tels que l'hypertension et le syndrome main-pied  nécessitant une surveillance attentive. L'anlotinib est intégré à de multiples thérapies combinées et schémas de traitement ciblé. Son développement a impliqué des essais cliniques ainsi que des programmes d'accès élargi (PAE), permettant une utilisation précoce chez les patients tout en recueillant des données sur la sécurité et l'efficacité du traitement.

NOMS COMMERCIAUX

ALUNBRIG – Ce nom est parfois utilisé à l'échelle internationale, bien que principalement pour d'autres ITK ; il convient de vérifier les approbations régionales en vigueur.

Anlotinib (nom générique) – En Chine, le médicament est couramment commercialisé simplement sous son nom générique.

AL3818 – Code de développement utilisé lors des essais cliniques avant l'approbation officielle.

MÉCANISME D'ACTION

L'anlotinib est un inhibiteur de la tyrosine kinase à cibles multiples qui exerce ses effets anticancéreux en bloquant plusieurs récepteurs clés impliqués dans la croissance tumorale et l'angiogenèse. Il inhibe les récepteurs VEGFR1–3, PDGFRα/β, FGFR1–4, c-Kit et Ret, réduisant ainsi la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui alimentent les tumeurs et interférant avec les voies de signalisation favorisant la prolifération et la survie des cellules cancéreuses. En ciblant simultanément l'angiogenèse tumorale et la croissance des cellules tumorales, l'anlotinib ralentit efficacement la progression de la tumeur et a démontré une activité clinique dans des cancers tels que le cancer du poumon non à petites cellules et le sarcome des tissus mous.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'anlotinib est bien absorbé par voie orale, atteignant des concentrations plasmatiques maximales en 4 à 6 heures ; la prise de nourriture n'affecte pas significativement sa biodisponibilité.

Distribution

L'anlotinib est fortement lié aux protéines plasmatiques (~93 %) et se distribue bien dans les tissus, y compris au sein des tumeurs, ce qui favorise son activité anticancéreuse.

Métabolisme

L'anlotinib est principalement métabolisé dans le foie, essentiellement par les enzymes du cytochrome P450, et plus particulièrement par le CYP3A4. Son métabolisme génère plusieurs métabolites inactifs, qui sont ensuite éliminés de l'organisme. La fonction hépatique pouvant influencer sa clairance, des ajustements posologiques peuvent s'avérer nécessaires chez les patients présentant une insuffisance hépatique.

Élimination

L'anlotinib est principalement éliminé par les fèces, une portion plus réduite étant excrétée dans les urines. Il présente une demi-vie d'environ 96 heures, ce qui permet une administration une fois par jour en pratique clinique. Sa clairance est principalement hépatique, et une altération de la fonction hépatique peut affecter l'élimination du médicament.

PHARMACODYNAMIQUE

L'anlotinib est un inhibiteur multi-cibles des tyrosines kinases qui freine la croissance tumorale en inhibant l'angiogenèse et la prolifération cellulaire. Il bloque les récepteurs VEGFR1–3, PDGFRα/β, FGFR1–4, c-Kit et Ret, empêchant ainsi la formation de vaisseaux sanguins au sein de la tumeur et perturbant les voies de signalisation de la croissance au sein des cellules cancéreuses. En ciblant à la fois la vascularisation tumorale et les cellules tumorales elles-mêmes, l'anlotinib ralentit la progression tumorale, retarde l'apparition de métastases et a démontré une efficacité clinique dans le traitement de cancers tels que le cancer du poumon non à petites cellules et les sarcomes des tissus mous. Ses effets sont dose-dépendants : des concentrations plasmatiques plus élevées entraînent une inhibition plus marquée des récepteurs cibles.

ADMINISTRATION

L'anlotinib s'administre par voie orale, généralement sous forme de comprimés. Le schéma posologique standard en pratique clinique consiste en une prise quotidienne pendant 2 semaines, suivie d'une pause d'une semaine (soit un cycle de « 2 semaines de traitement / 1 semaine d'arrêt ») ; toutefois, ce schéma peut varier en fonction du type de cancer et de la tolérance du patient. Le médicament peut être pris au cours ou en dehors des repas ; les comprimés doivent être avalés entiers avec un verre d'eau. Des ajustements posologiques peuvent s'avérer nécessaires chez les patients présentant une insuffisance hépatique ou rénale, ou chez ceux qui souffrent d'effets indésirables sévères.

POSOLOGIE ET DOSAGE

L'anlotinib est généralement prescrit sous forme de comprimés de 12 mg, à raison d'une prise quotidienne pendant 14 jours, suivie d'une période d'arrêt de 7 jours (cycle de « 2 semaines de traitement / 1 semaine d'arrêt »). En fonction des effets indésirables observés ou de l'état de santé du patient, la dose quotidienne peut être réduite à 10 mg ou 8 mg.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

L'anlotinib étant métabolisé par l'enzyme CYP3A4, l'administration concomitante d'inhibiteurs de cette enzyme peut entraîner une augmentation des taux plasmatiques du médicament et, par conséquent, de ses effets indésirables ; à l'inverse, l'administration d'inducteurs enzymatiques peut en réduire l'efficacité. Une attention particulière est requise en cas d'association avec des anticoagulants, des antiagrégants plaquettaires ou des médicaments antihypertenseurs.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

L'anlotinib peut être pris au cours ou en dehors des repas, car la prise alimentaire n'a pas d'incidence significative sur son absorption ou sa biodisponibilité globale. Aucune restriction alimentaire spécifique n'est requise ; il est toutefois recommandé aux patients de maintenir une alimentation équilibrée afin de favoriser le bon déroulement du traitement et de préserver leur état de santé général.

CONTRE-INDICATIONS

L'utilisation de l'anlotinib est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité connue au médicament, une insuffisance hépatique sévère, ou chez les femmes enceintes ou allaitantes. Il est également contre-indiqué chez les personnes souffrant d'une hypertension non contrôlée ou ayant récemment présenté des événements cardiovasculaires graves ; par ailleurs, la prudence est de mise chez les patients présentant des problèmes rénaux ou des troubles de la coagulation.

EFFETS INDÉSIRABLES

Les effets indésirables fréquents d'anlotinib incluent l'hypertension, la fatigue, le syndrome main-pied, la diarrhée et la perte d'appétit. D'autres effets indésirables possibles sont la protéinurie, les troubles thyroïdiens, les saignements et l'élévation des enzymes hépatiques. La plupart des effets indésirables sont gérables par un ajustement posologique ou des soins de support, mais les réactions graves telles que les événements cardiovasculaires ou les saignements gastro-intestinaux nécessitent une prise en charge médicale immédiate.

TOXICITÉ

La toxicité d'anlotinib est généralement dose-dépendante et affecte principalement les systèmes cardiovasculaire, hépatique et hématologique. Les toxicités fréquentes incluent l'hypertension, le syndrome main-pied, la fatigue et la diarrhée. Les toxicités graves peuvent inclure des événements cardiaques, des complications hémorragiques, un dysfonctionnement hépatique ou une protéinurie, pouvant nécessiter une réduction de la dose ou une interruption du traitement. Une surveillance attentive de la pression artérielle, de la fonction hépatique et de la fonction rénale est recommandée afin de minimiser les effets indésirables graves.