Le chlorhydrate de lercanidipine est un inhibiteur calcique de la famille des dihydropyridines de troisième génération, approuvé pour le traitement de l'hypertension artérielle essentielle légère à modérée. Il a été approuvé pour la première fois en Europe en 1997 et figure dans la base de données de l'Agence européenne des médicaments (EMA). La lercanidipine est commercialisée dans de nombreux pays sous diverses marques, telles que Zanidip, Lercan et Lercadip.
Au Royaume-Uni, elle est approuvée par la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) ; en Australie, elle est approuvée par la Therapeutic Goods Administration (TGA). En Inde, elle a été approuvée par la Central Drugs Standard Control Organization (CDSCO) et est largement disponible sous forme de génériques.
MARQUES COMMERCIALES
Zanidip : Zanidip est utilisé pour traiter l'hypertension légère à modérée. La posologie habituelle est de 10 mg une fois par jour, à prendre 15 minutes avant les repas. Si nécessaire, la dose peut être augmentée à 20 mg une fois par jour. Un ajustement de la posologie peut s'avérer nécessaire chez les personnes âgées ou les patients souffrant de troubles hépatiques ou rénaux.
Lercan : Lercan est une marque de chlorhydrate de lercanidipine utilisée pour traiter l'hypertension artérielle essentielle légère à modérée. Il contribue à abaisser la tension artérielle en relaxant les vaisseaux sanguins.
Lercadip : Lercadip traite l'hypertension artérielle légère à modérée. La posologie est de 10 mg une fois par jour avant les repas ; elle peut être augmentée à 20 mg si nécessaire.
MÉCANISME D'ACTION
La lercanidipine est un inhibiteur calcique de la famille des dihydropyridines de troisième génération qui inhibe sélectivement les canaux calciques voltage-dépendants de type L, situés principalement dans les cellules musculaires lisses vasculaires des artères périphériques. Les ions calcium jouent un rôle essentiel dans la contraction musculaire en pénétrant dans les cellules musculaires lisses par l'intermédiaire de ces canaux de type L. Lorsque le calcium pénètre dans la cellule, il se lie à la calmoduline, ce qui active la kinase des chaînes légères de la myosine, entraînant ainsi la contraction du muscle lisse et une vasoconstriction. La lercanidipine se fixe sur ces canaux calciques de type L et les bloque, réduisant ainsi l'influx de calcium à l'intérieur des cellules. Cela entraîne une relaxation du muscle lisse vasculaire (vasodilatation), en particulier au niveau des parois artérielles, ce qui diminue la résistance vasculaire périphérique. Cette réduction de la résistance permet d'abaisser la pression artérielle systolique et diastolique sans affecter de manière significative la fréquence cardiaque ou la contractilité myocardique. Sa forte lipophilie lui permet de se lier solidement à la membrane, entraînant un délai d'action lent mais une durée d'action prolongée, ce qui justifie une administration en une prise unique quotidienne.
PHARMACOCINÉTIQUE
Absorption
La lercanidipine est rapidement absorbée après administration orale ; toutefois, en raison d'un important métabolisme de premier passage hépatique, sa biodisponibilité orale est faible (environ 10 %). Les concentrations plasmatiques maximales (Cmax) sont généralement atteintes 1 à 3 heures après l'administration.
Distribution :
Elle présente un volume de distribution important. Elle est fortement liée aux protéines plasmatiques (> 98 %).
Métabolisme :
La lercanidipine subit un métabolisme important, principalement par l'enzyme hépatique CYP3A4 via des voies oxydatives. Elle est transformée en plusieurs métabolites inactifs.
Élimination :
Le médicament et ses métabolites sont principalement éliminés par voie biliaire dans les fèces. Seule une faible fraction (< 5 %) est excrétée sous forme inchangée dans les urines. La demi-vie d'élimination est d'environ 8 à 10 heures ; cependant, en raison de sa forte liaison aux membranes et de sa dissociation lente, son effet antihypertenseur persiste environ 24 heures, ce qui justifie une administration en une prise unique quotidienne.
PHARMACODYNAMIE
La lercanidipine agit en bloquant sélectivement les canaux calciques de type L au niveau des muscles lisses vasculaires, provoquant une vasodilatation artérielle et une diminution de la résistance vasculaire périphérique. Il en résulte une baisse de la pression artérielle, tant systolique que diastolique. Contrairement à d'autres inhibiteurs calciques, elle n'a qu'un effet minime sur la fréquence cardiaque ou la contractilité myocardique. Grâce à son délai d'action lent et à sa liaison prolongée aux membranes, elle procure un effet antihypertenseur progressif et soutenu en une prise unique quotidienne, réduisant ainsi le risque de tachycardie réflexe et d'autres effets indésirables cardiovasculaires.
POSOLOGIE ET MODE D'ADMINISTRATION
La dose initiale recommandée de lercanidipine chez l'adulte souffrant d'hypertension essentielle légère à modérée est de 10 mg une fois par jour ; le médicament doit être pris au moins 15 minutes avant les repas afin d'assurer une absorption optimale. Si la réduction de la pression artérielle souhaitée n'est pas atteinte après 2 à 4 semaines de traitement, la dose peut être augmentée jusqu'à un maximum de 20 mg une fois par jour, en fonction de la réponse et de la tolérance du patient.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
À éviter en association avec les inhibiteurs du CYP3A4 (par ex. kétoconazole, érythromycine, jus de pamplemousse), car cela entraîne une augmentation des concentrations plasmatiques du médicament et un risque d'hypotension.
À éviter en association avec les inducteurs du CYP3A4 (par ex. rifampicine, phénytoïne) – réduit l'efficacité.
Ne pas utiliser en association avec la ciclosporine – augmente le risque de toxicité.
Peut potentialiser les effets d'autres antihypertenseurs – risque d'hypotension.
Espacer la prise de la simvastatine – prendre la lercanidipine le matin et la simvastatine le soir.
CONTRE-INDICATIONS
Hypersensibilité à la lercanidipine ou à l'un de ses composants
Insuffisance hépatique ou rénale sévère
Angor instable ou infarctus du myocarde récent (survenu au cours du dernier mois)
Obstruction de la voie d'éjection du ventricule gauche (par ex. sténose aortique)
Insuffisance cardiaque congestive non traitée
Utilisation concomitante avec des inhibiteurs puissants du CYP3A4 (par ex. kétoconazole, ritonavir)
Co-administration avec la ciclosporine
Consommation de jus de pamplemousse – augmente les taux plasmatiques du médicament ainsi que les effets indésirables
EFFETS INDÉSIRABLES
Bouffées vasomotrices
Céphalées
Vertiges
Gonflement des chevilles ou des pieds (œdème périphérique)
Palpitations
Fatigue
Nausées
Brûlures d'estomac
TOXICITÉ
En cas de surdosage, la lercanidipine peut provoquer une vasodilatation excessive, entraînant une hypotension sévère, des vertiges, des palpitations et une tachycardie réflexe. Dans les cas extrêmes, cela peut conduire à un collapsus ou à une perte de conscience. Il n'existe aucun antidote spécifique. Le traitement est symptomatique et peut inclure la surveillance de la fonction cardiovasculaire, le positionnement du patient en décubitus dorsal, ainsi que l'administration de solutés ou de vasopresseurs si nécessaire.