L'eltrombopag, un médicament utilisé pour traiter la thrombocytopénie immunologique chronique (TIC), l'anémie aplasique et la thrombocytopénie associée à l'hépatite C, a été développé au début des années 2000 et approuvé pour un usage médical à la fin de cette même décennie. Son histoire est marquée par son efficacité à augmenter le nombre de plaquettes, mais aussi par la nécessité de surveiller la toxicité hépatique et d'autres effets indésirables. L'eltrombopag, un agoniste du récepteur de la thrombopoïétine (TPO-RA), a été approuvé aux États-Unis en 2008 et est inclus dans divers protocoles de traitement, y compris les thérapies combinées pour l'anémie aplasique. Son développement a impliqué des essais cliniques et des programmes d'accès élargi (PAE) qui ont permis une utilisation précoce chez les patients ainsi qu'une surveillance rigoureuse de la sécurité.

NOMS COMMERCIAUX

•  Promacta – Utilisé pour la thrombocytopénie immunologique chronique (TIC) et l'anémie aplasique.

•  Revolade – Utilisé à l'échelle internationale pour des indications similaires, y compris la thrombocytopénie associée à l'hépatite C.

MÉCANISME D'ACTION

L'eltrombopag est un agoniste du récepteur de la thrombopoïétine (TPO-RA) qui se lie au domaine transmembranaire du récepteur de la thrombopoïétine (c-Mpl) présent sur les précurseurs des mégacaryocytes dans la moelle osseuse. Cette liaison stimule la prolifération et la différenciation des mégacaryocytes, entraînant une production accrue de plaquettes.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'eltrombopag est administré par voie orale et est rapidement absorbé, atteignant des concentrations plasmatiques maximales (Cmax) dans les 2 à 6 heures suivant l'administration d'une dose. Sa biodisponibilité orale est influencée par l'alimentation et les cations divalents ; la co-administration avec des aliments ou des compléments contenant du calcium, du magnésium, de l'aluminium ou du fer peut réduire considérablement son absorption.

Distribution

L'eltrombopag est fortement lié aux protéines plasmatiques (≥ 99 %), principalement l'albumine, ce qui limite sa concentration circulante sous forme libre. Il présente un volume de distribution modéré, ce qui indique qu'il reste en grande partie dans le plasma, avec une pénétration tissulaire limitée.

Métabolisme

L'eltrombopag est principalement métabolisé dans le foie par glucuronidation, oxydation et par des voies mineures impliquant le cytochrome P450 (CYP1A2 et CYP2C8). Ses métabolites sont pour la plupart inactifs, et le métabolisme hépatique est essentiel pour la clairance du médicament et le maintien de concentrations plasmatiques sûres. Élimination

L'eltrombopag est éliminé principalement par les fèces (≈ 59 %) et, dans une moindre mesure, par les urines (≈ 31 %), essentiellement sous forme de métabolites plutôt que sous forme inchangée. Sa demi-vie terminale varie de 21 à 32 heures, ce qui permet une administration orale une fois par jour.

PHARMACODYNAMIE

L'eltrombopag est un agoniste du récepteur de la thrombopoïétine (TPO-RA) qui stimule la production de plaquettes en se liant au récepteur c-Mpl présent sur les précurseurs mégacaryocytaires dans la moelle osseuse. Cela entraîne une augmentation dose-dépendante du nombre de plaquettes, aidant ainsi à prévenir les saignements dans des affections telles que la thrombocytopénie immunologique chronique (TIC), l'anémie aplasique et la thrombocytopénie associée à l'hépatite C. Ses effets sont progressifs, généralement observés dans les 1 à 2 semaines suivant le début du traitement ; par ailleurs, les taux de plaquettes reviennent à leur niveau initial après l'arrêt du traitement, ce qui témoigne de son action réversible et contrôlable.

ADMINISTRATION

L'eltrombopag s'administre par voie orale sous forme de comprimé, généralement une fois par jour. Pour garantir une absorption optimale, il doit être pris à jeun, ou au moins 2 heures avant ou 4 heures après un repas contenant du calcium, des produits laitiers ou d'autres minéraux.

POSOLOGIE ET ​​DOSAGE

L'eltrombopag est disponible sous forme de comprimés oraux dosés à 25 mg, 50 mg et 75 mg. Dans le traitement de la thrombocytopénie immunologique chronique (TIC), les adultes débutent généralement par une dose de 50 mg une fois par jour, laquelle peut être ajustée jusqu'à 75 mg en fonction de la réponse plaquettaire ; les enfants, quant à eux, reçoivent une dose quotidienne de 25 à 50 mg, selon leur poids corporel. Dans le cas de l'anémie aplasique sévère, la dose recommandée est de 150 mg une fois par jour, administrée dans le cadre d'une thérapie combinée.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

L'eltrombopag peut interagir avec d'autres médicaments par des mécanismes de chélation et de métabolisme hépatique. La co-administration avec des cations divalents — tels que le calcium, le magnésium, le fer ou l'aluminium — peut réduire son absorption, tandis que les médicaments métabolisés par les enzymes CYP1A2 ou CYP2C8 peuvent voir leur action modifiée par l'utilisation de ce traitement.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

L'absorption de l'eltrombopag est significativement réduite par la consommation d'aliments ou de compléments contenant des cations divalents, tels que le calcium, le magnésium, le fer ou l'aluminium. Pour garantir une absorption optimale, le médicament doit être pris à jeun, ou au moins 2 heures avant ou 4 heures après un repas contenant ces minéraux.

 CONTRE-INDICATIONS

L'eltrombopag est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité connue au médicament ou à ses composants, chez ceux souffrant d'une maladie hépatique sévère ou d'une insuffisance hépatique active, ainsi que chez les individus présentant un taux de plaquettes élevé et non contrôlé, en raison du risque de thrombose.

EFFETS INDÉSIRABLES

  • Céphalées

  • Nausées et vomissements

  • Fatigue

  • Diarrhée

  • Douleurs abdominales

  • Douleurs musculaires ou articulaires

  • Élévation des enzymes hépatiques

TOXICITÉ

Une toxicité liée à l'eltrombopag peut survenir en cas de surdosage ou d'utilisation prolongée, entraînant une hépatotoxicité, une production excessive de plaquettes et des événements thrombotiques. Les lésions hépatiques constituent une préoccupation majeure, comme en témoigne l'élévation des enzymes hépatiques, et la surproduction de plaquettes peut accroître le risque de formation de caillots sanguins.

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