L'atovaquone, un médicament antiparasitaire utilisé pour traiter des infections telles que la pneumonie à Pneumocystis jirovecii et le paludisme, a été développée dans les années 1970 et approuvée pour un usage médical dans les années 1980. Son histoire est marquée par son efficacité contre les infections opportunistes, en particulier chez les patients immunodéprimés, ainsi que par son utilisation dans des thérapies combinées avec d'autres agents antimicrobiens. L'atovaquone est souvent utilisée en association avec le proguanil pour le traitement du paludisme, et avec l'azithromycine ou le triméthoprime-sulfaméthoxazole pour la prophylaxie ou le traitement des infections opportunistes chez les patients atteints du VIH/SIDA. Son développement a inclus des études cliniques évaluant sa sécurité et son efficacité, ainsi que des programmes d'accès précoce pour les patients souffrant d'infections mettant leur vie en danger.

NOMS COMMERCIAUX

Mepron – principalement utilisé pour le traitement et la prophylaxie de la pneumonie à Pneumocystis jirovecii (PCP).

Malarone – une association d'atovaquone et de proguanil, utilisée pour la prévention et le traitement du paludisme.

MÉCANISME D'ACTION

L'atovaquone agit en inhibant le complexe cytochrome bc1 au sein de la chaîne de transport des électrons mitochondriale des agents pathogènes ciblés. Ce blocage perturbe le potentiel de membrane mitochondriale, réduisant la production d'ATP et la synthèse des acides nucléiques, ce qui stoppe la croissance de l'agent pathogène. Son action sélective sur les mitochondries microbiennes, plutôt que sur les cellules humaines, lui permet de traiter efficacement des infections telles que le paludisme et la pneumonie à Pneumocystis.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'atovaquone est faiblement absorbée par le tractus gastro-intestinal lorsqu'elle est prise par voie orale, avec une biodisponibilité variant de 23 % à 47 % à jeun. Son absorption est significativement augmentée lorsqu'elle est prise avec des repas riches en graisses, ce qui peut multiplier par deux ou trois ses concentrations plasmatiques. En raison de sa nature lipophile, l'atovaquone nécessite la présence de graisses alimentaires pour améliorer sa solubilité et son absorption systémique ; le moment de la prise par rapport aux repas est donc important pour garantir un effet thérapeutique optimal.

Distribution

L'atovaquone est hautement lipophile et se lie largement aux protéines plasmatiques (≥ 99 %), ce qui limite sa concentration circulante sous forme libre. Elle se distribue largement dans les tissus corporels, en particulier dans les poumons, le foie et les reins, mais pénètre faiblement dans le liquide céphalorachidien. Sa forte liaison aux protéines et son accumulation tissulaire contribuent au maintien de concentrations thérapeutiques durables dans les organes cibles.

Métabolisme

L'atovaquone subit un métabolisme hépatique minime. Il est majoritairement excrété sous forme inchangée dans les fèces, seule une faible fraction étant métabolisée par le foie. Du fait de sa faible métabolisation, l'atovaquone présente des interactions médicamenteuses limitées par rapport à d'autres agents antimicrobiens.

Élimination

L'atovaquone est principalement éliminée sous forme inchangée dans les fèces, l'excrétion rénale étant minime. Son élimination est lente, ce qui se traduit par une demi-vie longue d'environ 2 à 3 jours, permettant une administration en une ou deux prises quotidiennes. En raison de sa faible métabolisation, aucun ajustement posologique n'est généralement requis en cas d'insuffisance hépatique légère à modérée ; toutefois, une insuffisance hépatique sévère peut affecter les concentrations plasmatiques du médicament.

PHARMACODYNAMIE

L'atovaquone agit en inhibant le complexe cytochrome bc1 au sein des mitochondries des agents pathogènes, perturbant ainsi la production d'ATP et la synthèse des acides nucléiques. Cette action sélective freine la croissance d'organismes tels que Plasmodium spp. et Pneumocystis jirovecii, permettant un traitement efficace aux doses thérapeutiques.

ADMINISTRATION

L'atovaquone s'administre par voie orale, généralement sous forme de comprimés ou de suspension ; elle doit être prise au cours d'un repas ou accompagnée d'aliments riches en graisses afin d'en améliorer l'absorption. La posologie varie selon l'indication : elle est généralement de deux prises par jour pour le traitement de la pneumonie à *Pneumocystis* et d'une prise par jour en association thérapeutique pour le traitement du paludisme. Les comprimés doivent être avalés entiers pour garantir une absorption adéquate.

POSOLOGIE ET DOSAGE

L'atovaquone est disponible sous forme de comprimés (750 mg) et de suspension buvable (100 mg/mL). Pour le traitement de la pneumonie à *Pneumocystis*, la posologie habituelle chez l'adulte est de 750 mg deux fois par jour pendant 21 jours. En prophylaxie de la pneumonie à *Pneumocystis*, la dose est de 750 mg une fois par jour. Pour la prévention ou le traitement du paludisme (sous la marque Malarone, en association avec le proguanil), la posologie dépend de l'âge et du poids du patient ; elle est généralement d'un ou deux comprimés une fois par jour chez l'adulte. Chez l'enfant, les doses sont calculées en fonction du poids corporel, conformément aux recommandations standard.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

L'absorption de l'atovaquone peut être réduite par la prise d'antiacides ou de médicaments diminuant la sécrétion acide gastrique. La rifampicine et certains antibiotiques peuvent abaisser ses concentrations plasmatiques, tandis que l'atovaquone peut potentialiser les effets de certains médicaments, tels que la warfarine. Une surveillance clinique ou un ajustement posologique peut s'avérer nécessaire.

INTERACTIONS AVEC LES ALIMENTS

L'absorption de l'atovaquone est significativement améliorée lorsque le médicament est pris au cours de repas riches en graisses. Une prise à jeun peut réduire sa biodisponibilité jusqu'à 50 %, risquant ainsi de diminuer son efficacité thérapeutique. Les aliments pauvres en graisses pourraient ne pas offrir les mêmes bienfaits ; il est donc recommandé d'accompagner chaque dose d'un repas contenant des produits laitiers, des huiles ou d'autres matières grasses.

CONTRE-INDICATIONS

L'atovaquone est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité connue à l'atovaquone ou à l'un des composants de la formulation. Elle ne doit pas être utilisée chez les personnes souffrant d'une insuffisance hépatique sévère sans une surveillance attentive ; par ailleurs, la prudence est de mise pendant la grossesse, à moins que les bénéfices potentiels ne l'emportent sur les risques. L'utilisation chez les nouveau-nés ou les nourrissons n'ayant pas atteint l'âge recommandé doit être évitée, sauf indication spécifique d'un professionnel de santé.

EFFETS INDÉSIRABLES

• Nausées

• Vomissements

• Diarrhée

• Douleurs abdominales

• Céphalées

• Éruption cutanée

• Fièvre (moins fréquent)

• Insomnie (moins fréquent)

• Ulcérations buccales (moins fréquent)

• Élévation des enzymes hépatiques (moins fréquent)

• Réactions sévères rares : réactions allergiques ou hépatotoxicité

TOXICITÉ

L'atovaquone est généralement bien tolérée et la toxicité est rare aux doses thérapeutiques. Des doses élevées pourraient potentiellement provoquer une élévation des enzymes hépatiques ou aggraver une dysfonction hépatique préexistante. Il n'existe aucun antidote spécifique ; la prise en charge repose donc sur des soins de soutien, incluant l'hydratation et la surveillance de la fonction hépatique.