La dipivéfrine, un médicament ophtalmique utilisé pour réduire la pression intraoculaire chez les patients atteints de glaucome, a été développée dans les années 1970 et approuvée pour un usage médical au début des années 1980. Son histoire est marquée par son efficacité à abaisser la pression intraoculaire tout en minimisant les effets secondaires systémiques par rapport à l'épinéphrine. La dipivéfrine, un promédicament de l'épinéphrine, est convertie dans l'œil en sa forme active, assurant ainsi une action ciblée pour la prise en charge du glaucome. Son développement a nécessité des essais cliniques approfondis afin de garantir sa sécurité et son efficacité, conduisant à son adoption généralisée dans les protocoles de polythérapie pour les patients souffrant de glaucome à angle ouvert ou d'hypertension oculaire.

NOMS COMMERCIAUX

Propine – la marque la plus largement reconnue, généralement utilisée sous forme de solution ophtalmique à 0,1 % pour abaisser la pression intraoculaire chez les patients atteints de glaucome.

Glaucon – disponible dans certaines régions en tant que formulation alternative de collyre à la dipivéfrine.

MÉCANISME D'ACTION

Le mécanisme d'action de la dipivéfrine repose sur sa fonction de promédicament de l'épinéphrine. Après administration sous forme de solution ophtalmique, la dipivéfrine est convertie par voie enzymatique en épinéphrine au sein de la cornée ; cette dernière active ensuite les récepteurs α- et β-adrénergiques de l'œil. L'activation de ces récepteurs accroît l'écoulement de l'humeur aqueuse à travers le trabéculum et réduit la production d'humeur aqueuse par le corps ciliaire, entraînant ainsi une diminution de la pression intraoculaire.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'absorption de la dipivéfrine s'effectue principalement à travers la cornée et la conjonctive après une administration oculaire topique. Une fois appliquée sous forme de collyre, la dipivéfrine est rapidement absorbée dans la chambre antérieure de l'œil, où elle est convertie par voie enzymatique en sa forme active : l'épinéphrine.

Distribution

Le volume de distribution (Vd) de la dipivéfrine est relativement limité, ce qui reflète son action principalement locale au sein de l'œil. Après une administration oculaire topique, la majeure partie du médicament demeure dans la chambre antérieure et les tissus oculaires, l'absorption systémique restant minime.

Métabolisme

Le métabolisme de la dipivéfrine s'opère principalement dans l'œil et le foie. Après administration topique, la dipivéfrine est convertie par voie enzymatique, au niveau de la cornée, en sa forme active — l'épinéphrine — qui exerce alors son effet réducteur sur la pression intraoculaire.

 Élimination

L'élimination de la dipivéfrine s'effectue principalement par excrétion rénale après absorption systémique. Une fois la dipivéfrine convertie en épinéphrine au niveau de l'œil, le principe actif qui pénètre dans la circulation sanguine est métabolisé dans le foie en métabolites inactifs, notamment la métanéphrine et l'acide vanillylmandélique (AVM), qui sont ensuite excrétés dans les urines.

PHARMACODYNAMIE

La pharmacodynamie de la dipivéfrine repose principalement sur son rôle de promédicament de l'épinéphrine. Après administration oculaire topique, la dipivéfrine est convertie en épinéphrine au sein de la cornée, laquelle stimule ensuite les récepteurs α- et β-adrénergiques de l'œil. Cela entraîne une augmentation de l'écoulement de l'humeur aqueuse à travers le trabéculum et une réduction de la production d'humeur aqueuse par le corps ciliaire, aboutissant à une diminution de la pression intraoculaire.

ADMINISTRATION

L'administration de la dipivéfrine s'effectue par voie topique, sous forme de collyre appliqué directement dans le cul-de-sac conjonctival. Le schéma thérapeutique habituel consiste à instiller une goutte dans l'œil (ou les yeux) atteint(s), deux à quatre fois par jour, en fonction de la pression intraoculaire du patient et de sa réponse au traitement.

POSOLOGIE ET ​​CONCENTRATION

La posologie et la concentration de la dipivéfrine sont formulées pour une administration oculaire topique sous forme de solution ophtalmique à 0,1 %, chaque millilitre contenant 1 mg de dipivéfrine. Le schéma habituel pour les adultes consiste à instiller une goutte dans l'œil (ou les yeux) atteint(s), deux à quatre fois par jour, en fonction de la pression intraoculaire du patient et de sa réponse thérapeutique.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Les interactions médicamenteuses de la dipivéfrine sont principalement liées à son activité adrénergique. L'utilisation concomitante d'autres agents sympathomimétiques peut potentialiser les effets adrénergiques systémiques, tels qu'une augmentation de la fréquence cardiaque, une élévation de la pression artérielle ou des arythmies. L'association de la dipivéfrine avec des inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) ou des antidépresseurs tricycliques peut également accentuer ces effets cardiovasculaires.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

Les interactions alimentaires de la dipivéfrine sont minimes, car le produit est administré par voie topique sous forme de collyre et son absorption par le tractus gastro-intestinal est négligeable. Par conséquent, l'alimentation n'a aucune incidence sur son efficacité ou sa pharmacocinétique.

CONTRE-INDICATIONS

Les contre-indications de la dipivéfrine incluent une hypersensibilité connue à la dipivéfrine, à l'épinéphrine ou à tout autre composant de la formulation. Il ne doit pas être utilisé chez les patients atteints de glaucome à angle étroit, car la stimulation adrénergique peut aggraver la pression intraoculaire dans ces cas.

EFFETS INDÉSIRABLES

  • Irritation ou picotements oculaires lors de l'instillation

  • Vision trouble temporaire après l'administration

  • Larmoiement ou yeux larmoyants

  • Maux de tête

SURDOSAGE

Un surdosage en dipivéfrine peut résulter d'une application topique excessive ou d'une ingestion accidentelle, et peut entraîner des effets adrénergiques systémiques. Les symptômes de surdosage comprennent une accélération du rythme cardiaque (tachycardie), une élévation de la pression artérielle, des palpitations, des maux de tête, de la nervosité, des vertiges, des nausées et des vomissements. Dans les cas graves, des arythmies cardiaques, des douleurs thoraciques ou une crise hypertensive peuvent survenir.

TOXICITÉ

La toxicité de la dipivéfrine découle principalement d'une stimulation adrénergique excessive, qu'elle soit due à un surdosage ou à une utilisation fréquente et inappropriée. Les manifestations cliniques incluent une tachycardie, une hypertension, des palpitations, des maux de tête, des vertiges, de la nervosité et des nausées. Dans les cas graves, la toxicité systémique peut entraîner des arythmies cardiaques, des douleurs thoraciques ou une crise hypertensive, en particulier chez les patients présentant une pathologie cardiovasculaire préexistante.

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Numéro CAS
Dipivefrine STD - 52365-63-6 ; IMP-C- 2640389-66-6 ;IMP-D- 2640389-65-5 ;IMP-E- 52245-00-8 ;
Autre numéro CAS
Dipivefrine STD - 64019-93-8(HCl Salt)
Numéro CAS
52365-63-6
Autre numéro CAS
64019-93-8(HCl Salt)