La dihydroergotamine, un médicament vasoactif utilisé pour traiter la migraine et l'algie vasculaire de la face, a été développée au milieu du XXe siècle et a connu une large utilisation clinique dans les années 1950 et 1960. Son histoire est marquée par son efficacité dans la prise en charge des crises de migraine aiguës, mais aussi par la reconnaissance d'effets secondaires vasoconstricteurs potentiels, qui ont nécessité une sélection rigoureuse des patients ainsi qu'une surveillance attentive. La dihydroergotamine est intégrée à diverses thérapies combinées, tant pour la prophylaxie que pour le traitement aigu de la migraine. Son développement a mis en lumière l'importance de la régulation posologique et de la surveillance des effets cardiovasculaires afin d'optimiser l'efficacité tout en minimisant les risques associés à la vasoconstriction systémique.

NOMS COMMERCIAUX

  1. DHE 45 – forme injectable couramment utilisée

  2. Migranal – formulation en spray nasal

  3. Dihydergot – préparations orales ou combinées dans certains pays.

MÉCANISME D'ACTION

La dihydroergotamine est un alcaloïde de l'ergot semi-synthétique qui agit principalement en tant qu'agoniste des récepteurs de la sérotonine (5-HT), notamment au niveau des récepteurs 5-HT1B et 5-HT1D. L'activation de ces récepteurs entraîne une vasoconstriction des vaisseaux sanguins crâniens et cérébraux, ce qui contribue à soulager les crises de migraine. De plus, elle inhibe la libération de neuropeptides pro-inflammatoires par les terminaisons nerveuses du nerf trijumeau, réduisant ainsi l'inflammation neurogène associée à la douleur migraineuse.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

La dihydroergotamine est faiblement absorbée par voie orale, ce qui limite son efficacité lorsqu'elle est prise par la bouche. Elle est administrée de manière plus efficace par spray nasal ou par voies parentérales (sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse). Après administration nasale, l'absorption est modérée mais variable, les concentrations plasmatiques maximales étant généralement atteintes dans les 30 à 60 minutes.

Distribution

La dihydroergotamine présente un volume de distribution modéré, d'environ 1 à 2 L/kg, ce qui indique une distribution au sein des tissus vasculaires et des organes périphériques. Elle est modérément liée aux protéines plasmatiques, ce qui permet une délivrance efficace vers les sites cibles, tels que les vaisseaux sanguins crâniens et les terminaisons nerveuses du nerf trijumeau.

Métabolisme

La dihydroergotamine est largement métabolisée par le foie, principalement par l'enzyme du cytochrome P450 CYP3A4. Elle subit un effet de premier passage hépatique lorsqu'elle est prise par voie orale, ce qui réduit considérablement sa biodisponibilité systémique. 

Élimination

La dihydroergotamine est principalement éliminée par le foie, l'excrétion biliaire constituant la voie principale ; une portion plus faible est excrétée dans les urines sous forme de métabolites. La demi-vie d'élimination est d'environ 9 à 13 heures, bien que cette durée puisse varier en fonction de la fonction hépatique et de la voie d'administration.

PHARMACODYNAMIE

La dihydroergotamine exerce ses effets thérapeutiques principalement par un agonisme des récepteurs sérotoninergiques 5-HT1B et 5-HT1D, entraînant une vasoconstriction crânienne et cérébrale ainsi qu'une réduction de l'inflammation neurogène associée aux crises de migraine. Cette double action soulage la douleur céphalique et les symptômes associés, tels que les nausées et la photophobie.

ADMINISTRATION

La dihydroergotamine peut être administrée par pulvérisation nasale, ou par injection sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse, selon la gravité et le type de céphalée. L'administration intranasale est couramment utilisée pour les crises de migraine aiguës, tandis que les injections sous-cutanées ou intramusculaires procurent un soulagement rapide en milieu ambulatoire ou aux urgences.

POSOLOGIE ET ​​CONCENTRATION

La dihydroergotamine est administrée en fonction de la voie d'administration et de la gravité de la céphalée. Le spray nasal délivre 0,5 mg par pulvérisation ; la posologie recommandée est de 1 à 2 pulvérisations par narine dès l'apparition d'une migraine, dose qui peut être renouvelée une heure plus tard, sans dépasser 4 mg sur une période de 24 heures. Les injections sous-cutanées ou intramusculaires sont administrées à une dose de 0,5 à 1 mg, renouvelable toutes les 1 à 2 heures si nécessaire, avec un maximum de 3 mg par 24 heures.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

La dihydroergotamine peut interagir avec d'autres médicaments en raison de ses effets vasoconstricteurs et de son métabolisme via le CYP3A4. Les inhibiteurs puissants du CYP3A4 — tels que le kétoconazole, l'itraconazole et l'érythromycine — peuvent augmenter les concentrations plasmatiques de dihydroergotamine, majorant ainsi le risque de vasospasme sévère, d'hypertension ou d'ergotisme. L'utilisation concomitante d'autres vasoconstricteurs, notamment les triptans ou les sympathomimétiques, peut entraîner des effets cardiovasculaires cumulatifs et un risque accru d'ischémie myocardique ou périphérique.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

L'absorption de la dihydroergotamine n'est que peu affectée par l'alimentation ; le médicament peut donc être pris au cours ou en dehors des repas, en particulier pour les voies d'administration nasale ou parentérale. Toutefois, une consommation excessive d'alcool peut potentialiser ses effets vasoconstricteurs, augmentant ainsi le risque d'étourdissements, d'hypotension ou de complications cardiovasculaires.

CONTRE-INDICATIONS

La dihydroergotamine est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité connue aux alcaloïdes de l'ergot. Elle ne doit pas être utilisée chez les personnes souffrant d'une cardiopathie ischémique, d'une hypertension artérielle non contrôlée, d'une maladie vasculaire périphérique ou d'une maladie cérébrovasculaire, car ses effets vasoconstricteurs sont susceptibles d'aggraver ces affections.

EFFETS INDÉSIRABLES

  • Nausées et vomissements

  • Vertiges ou étourdissements

  • Faiblesse ou fatigue

  • Bouffées de chaleur.

SURDOSAGE

Un surdosage en dihydroergotamine peut entraîner une vasoconstriction sévère, se manifestant par une hypertension, des douleurs thoraciques, des palpitations, des vertiges, des nausées et des vomissements. Dans les cas extrêmes, il peut provoquer une ischémie périphérique, une ischémie myocardique ou un ergotisme, susceptibles de compromettre la viabilité des membres ou des organes.

TOXICITÉ

La toxicité de la dihydroergotamine résulte principalement d'une vasoconstriction excessive, pouvant entraîner une hypertension, des douleurs thoraciques, des palpitations, des vertiges et des nausées. Une toxicité sévère ou prolongée peut aboutir à une ischémie périphérique, une ischémie myocardique ou un ergotisme, risquant de causer des lésions tissulaires. Une utilisation chronique ou répétée et excessive peut également accroître le risque de céphalées de rebond ou de complications vasculaires persistantes.

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Numéro CAS
Dihydroergotamine STD - 511-12-6: IMP-A-113-15-5:IMP-B-3609-19-6 :IMP-C-2881077-62-7:IMP-D-5550-75-4:IMP-E-17479-19-5 ;
Autre numéro CAS
6190-39-2 (Mesilate)
Numéro CAS
511-12-6
Autre numéro CAS
6190-39-2 (Mesilate)