L'azathioprine, un médicament immunosuppresseur utilisé pour prévenir le rejet de greffe d'organe et traiter les maladies auto-immunes, a été développée dans les années 1950 et approuvée pour un usage médical peu de temps après. Son histoire est marquée par son efficacité à inhiber le système immunitaire, mais aussi par la nécessité d'une surveillance rigoureuse en raison des risques potentiels de myélosuppression (dépression de la moelle osseuse) et d'hépatotoxicité. L'azathioprine, un analogue des purines qui inhibe la synthèse de l'ADN au sein des cellules immunitaires, est largement utilisée dans le cadre des greffes d'organes et des affections auto-immunes telles que la polyarthrite rhumatoïde et les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. Son développement a inclus des essais cliniques précoces visant à établir la sécurité de la posologie ; par ailleurs, son utilisation est souvent guidée par des analyses sanguines de routine permettant de surveiller l'apparition d'effets indésirables.

NOMS COMMERCIAUX

Imuran – largement utilisé aux États-Unis et dans de nombreux autres pays

Azasan – une autre marque commercialisée aux États-Unis, souvent sous forme de comprimés oraux

Azatioprine – des versions génériques sont disponibles sous ce nom dans plusieurs régions du monde

MÉCANISME D'ACTION

L'azathioprine est un immunosuppresseur qui est métabolisé en 6-mercaptopurine ; cette substance perturbe la synthèse de l'ADN et de l'ARN au sein des lymphocytes T et B, des cellules à division rapide. Ce processus inhibe leur prolifération, réduisant ainsi la réponse immunitaire, ce qui confère à l'azathioprine son efficacité dans la prévention du rejet de greffe d'organe et le traitement des maladies auto-immunes.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'azathioprine est bien absorbée par voie orale, avec une biodisponibilité variant approximativement de 50 % à 80 %. Après ingestion, elle est rapidement métabolisée dans le foie et les globules rouges pour donner sa forme active, la 6-mercaptopurine, qui exerce ensuite ses effets immunosuppresseurs. La prise de nourriture peut légèrement retarder l'absorption, mais elle ne réduit pas de manière significative la quantité totale absorbée.

Distribution

Après son absorption, l'azathioprine est largement distribuée dans l'ensemble de l'organisme, notamment dans le foie, les reins et les tissus lymphoïdes, où elle agit sur les cellules immunitaires. Elle est modérément liée aux protéines plasmatiques ; par ailleurs, elle peut traverser la barrière placentaire et se retrouver en faibles quantités dans le lait maternel, ce qui impose une certaine prudence en cas de grossesse ou d'allaitement.

Métabolisme

L'azathioprine est convertie, au sein du foie et de la circulation sanguine, en sa forme active : la 6-mercaptopurine. Cette dernière est ensuite transformée en nucléotides de thioguanine, qui bloquent la synthèse de l'ADN et de l'ARN au sein des cellules immunitaires. Ce processus est influencé par l'activité de l'enzyme TPMT ; une activité enzymatique faible augmente le risque de toxicité.

Élimination

L'azathioprine est principalement éliminée par voie urinaire sous forme de métabolites inactifs, une partie étant également excrétée dans les fèces. Son métabolite actif, la 6-mercaptopurine, possède une demi-vie courte ; toutefois, ses effets immunosuppresseurs persistent plus longtemps en raison de son incorporation au sein des cellules immunitaires.

PHARMACODYNAMIQUE

L'azathioprine agit en supprimant le système immunitaire. Une fois convertie en 6-mercaptopurine, puis en nucléotides de thioguanine, elle inhibe la synthèse de l'ADN et de l'ARN au sein des lymphocytes T et B à division rapide, réduisant ainsi leur prolifération et leur activité. Cela entraîne une diminution des réponses immunitaires, rendant le médicament efficace pour prévenir le rejet de greffe d'organe et traiter les maladies auto-immunes. Ses effets sont dose-dépendants et nécessitent une surveillance attentive afin d'éviter la suppression médullaire et d'autres toxicités.

ADMINISTRATION

L'azathioprine est généralement administrée par voie orale sous forme de comprimés, mais elle peut également être administrée par voie intraveineuse dans certains contextes hospitaliers. La posologie est généralement ajustée en fonction de l'état du patient, de son poids corporel et de sa réponse au traitement. Le médicament est souvent pris une fois par jour ou réparti en plusieurs prises ; des analyses sanguines régulières sont requises pour surveiller l'apparition d'effets indésirables tels que la suppression médullaire et la toxicité hépatique.

POSOLOGIE ET DOSAGES

L'azathioprine est généralement administrée à une posologie de 1 à 3 mg/kg par jour, selon l'affection traitée. Les comprimés sont couramment disponibles aux dosages de 25 mg, 50 mg et 100 mg. La posologie peut nécessiter un ajustement chez les patients présentant des troubles hépatiques ou rénaux, ou une faible activité de la TPMT, afin de réduire le risque d'effets indésirables.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

L'azathioprine peut interagir avec d'autres médicaments, augmentant ainsi le risque de toxicité ou d'immunosuppression accrue. L'allopurinol peut élever les taux d'azathioprine, tandis que d'autres médicaments tels que les agents chimiothérapeutiques ou d'autres immunosuppresseurs  peuvent exacerber les effets indésirables. La surveillance de la numération sanguine et de la fonction hépatique est essentielle en cas de co-administration.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

L'azathioprine peut être prise avec ou sans nourriture ; toutefois, les repas riches en graisses peuvent légèrement retarder son absorption. Aucun aliment majeur n'est connu pour affecter de manière significative son efficacité ; il est néanmoins conseillé aux patients de maintenir un régime alimentaire stable et d'éviter l'alcool, ce dernier pouvant accroître le risque de toxicité hépatique.

CONTRE-INDICATIONS

L'azathioprine ne doit pas être utilisée chez les patients présentant une hypersensibilité connue au médicament ou à l'un de ses composants. Il est contre-indiqué chez les personnes présentant une suppression sévère de la moelle osseuse, des infections actives ou une pancréatite. La prudence est requise chez les patients atteints d'une affection hépatique, et son utilisation est généralement évitée pendant la grossesse et l'allaitement, à moins que les bénéfices potentiels ne l'emportent sur les risques.

EFFETS SECONDAIRES

• Nausées, vomissements et perte d'appétit

• Diarrhée

• Myélosuppression (leucopénie, anémie, thrombocytopénie)

• Toxicité hépatique

• Éruption cutanée et fièvre

• Sensibilité accrue aux infections

• Rarement, une utilisation à long terme peut augmenter le risque de lymphome ou de cancer de la peau

TOXICITÉ

La toxicité de l'azathioprine affecte principalement la moelle osseuse et le foie, entraînant une diminution des numérations sanguines et une élévation des enzymes hépatiques. Elle peut également provoquer des nausées, des vomissements, une diarrhée et un risque accru d'infections. Ce risque est plus élevé chez les patients présentant une faible activité de la TPMT ou en cas d'association avec certains médicaments ; un suivi régulier est donc essentiel.

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Numéro CAS
446-86-6
Autre numéro CAS
55774-33-9(Na salt)