L'aprépitant, un médicament utilisé pour prévenir les nausées et les vomissements — en particulier ceux associés à la chimiothérapie — a été développé dans les années 1990 et approuvé pour un usage médical au début des années 2000. Son histoire est marquée par son efficacité à améliorer la qualité de vie des patients suivant un traitement anticancéreux, notamment lorsqu'il est utilisé en association avec d'autres thérapies antiémétiques. L'aprépitant, un antagoniste des récepteurs de la neurokinine-1 (NK1), a été approuvé aux États-Unis en 2003 et est inclus dans de multiples protocoles thérapeutiques combinés pour la prise en charge des nausées et vomissements induits par la chimiothérapie. Son développement a reposé sur de vastes essais cliniques et des programmes d'accès élargi, permettant une utilisation précoce chez les patients tout en recueillant des données sur la sécurité et l'efficacité du traitement.

NOMS COMMERCIAUX

Emend – la marque la plus connue et la plus couramment utilisée

Aprepitat – disponible sur certains marchés

Apricap – une autre marque régionale

MÉCANISME D'ACTION

L'aprépitant agit en tant qu'antagoniste sélectif des récepteurs de la neurokinine-1 (NK1), contribuant ainsi à prévenir les nausées et les vomissements. Il agit en bloquant l'action de la substance P, un neuropeptide qui joue un rôle central dans le déclenchement du réflexe émétique (vomissement). Normalement, la substance P se lie aux récepteurs de la neurokinine-1 présents dans le cerveau, en particulier dans les zones responsables de l'émèse. En inhibant cette liaison, l'aprépitant supprime efficacement les phases aiguës et retardées des nausées et vomissements induits par la chimiothérapie, surtout lorsqu'il est utilisé en association avec d'autres agents antiémétiques.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'aprépitant est modérément bien absorbé après administration orale, présentant une bonne biodisponibilité. Son absorption n'est pas significativement affectée par la prise de nourriture, ce qui permet une certaine flexibilité dans l'administration des doses.

Distribution

L'aprépitant est largement distribué dans l'ensemble de l'organisme et franchit aisément la barrière hémato-encéphalique pour exercer ses effets au sein du système nerveux central. Il est fortement lié aux protéines plasmatiques (à plus de 95 %), principalement à l'albumine. Le médicament présente un volume de distribution relativement important, ce qui témoigne d'une diffusion tissulaire étendue.

Métabolisme

L'aprépitant est largement métabolisé au niveau hépatique, principalement par l'enzyme Cytochrome P450 3A4. Il subit un métabolisme oxydatif conduisant à la formation de multiples métabolites inactifs. L'aprépitant peut également agir en tant qu'inhibiteur et inducteur modéré du CYP3A4, ce qui peut entraîner des interactions médicamenteuses avec les médicaments métabolisés par cette voie.

Élimination

L'aprépitant est principalement éliminé par métabolisme hépatique, ses métabolites étant excrétés majoritairement dans les urines (environ 57 %) et les fèces (environ 45 %). Le médicament présente une demi-vie terminale d'environ 9 à 13 heures, ce qui permet une administration en une prise quotidienne dans la plupart des protocoles antiémétiques. L'excrétion rénale de l'aprépitant sous forme inchangée est minime.

PHARMACODYNAMIQUE

L'aprépitant exerce ses effets thérapeutiques en bloquant sélectivement le récepteur de la neurokinine-1 au sein du système nerveux central. En inhibant la liaison de la substance P — un médiateur clé du réflexe émétique (vomissement) — l'aprépitant prévient à la fois les phases aiguës et retardées des nausées et vomissements induits par la chimiothérapie. Sa forte affinité et son occupation prolongée des récepteurs contribuent à une activité antiémétique soutenue, le rendant particulièrement efficace lorsqu'il est utilisé en association avec d'autres agents antiémétiques, tels que les antagonistes des récepteurs 5-HT3 et les corticostéroïdes.

ADMINISTRATION

L'aprépitant s'administre par voie orale, généralement sous forme de gélules ou de suspension buvable. Il est habituellement pris 1 heure avant la chimiothérapie le premier jour, puis à raison d'une prise quotidienne les jours suivants, dans le cadre d'un protocole antiémétique plurijournalier. Le médicament peut être pris au cours ou en dehors des repas ; pour une efficacité optimale, les doses doivent être prises à la même heure chaque jour. Le strict respect du calendrier d'administration prescrit est essentiel pour maximiser la prévention des nausées et vomissements, tant dans leur phase aiguë que retardée.

POSOLOGIE ET PRÉSENTATION

L'aprépitant est disponible sous forme de gélules orales de 80 mg et 125 mg, ainsi que sous forme de suspension buvable dosée à 1 mg/mL. Pour la prévention des nausées et vomissements induits par la chimiothérapie, le protocole habituel consiste en une prise orale de 125 mg, 1 heure avant la chimiothérapie le premier jour, suivie d'une prise quotidienne de 80 mg les deuxième et troisième jours. Des ajustements peuvent être effectués en fonction du protocole de chimiothérapie ou de l'utilisation concomitante d'autres antiémétiques.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

L'aprépitant est principalement métabolisé par le CYP3A4 et peut moduler l'activité des enzymes CYP3A4 et CYP2C9. Il est susceptible d'interagir avec divers médicaments, tels que les agents chimiothérapeutiques, les contraceptifs oraux, la warfarine, ainsi que certains antifongiques ou antibiotiques. Ces interactions peuvent modifier les taux de médicaments ; une surveillance ou un ajustement de la posologie peut donc s'avérer nécessaire.

INTERACTIONS AVEC LES ALIMENTS

L'aprépitant peut être pris avec ou sans nourriture, car son absorption et sa biodisponibilité ne sont pas significativement affectées par les repas. Cela offre une certaine souplesse dans l'administration, ce qui le rend pratique pour les patients sous chimiothérapie ou suivant d'autres traitements.

CONTRE-INDICATIONS

L'aprépitant est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité connue à l'aprépitant ou à l'un de ses composants. Son utilisation doit également être évitée chez les patients prenant du pimozide ou du cisapride, car une co-administration peut entraîner de graves arythmies cardiaques en raison d'interactions avec le CYP3A4. La prudence est recommandée lors de l'utilisation concomitante avec d'autres médicaments dont la clairance dépend fortement du CYP3A4.

EFFETS INDÉSIRABLES

L'aprépitant est généralement bien toléré, mais certains patients peuvent présenter des effets secondaires. Les effets indésirables fréquents comprennent :

  • la fatigue

  • des vertiges

  • le hoquet

  • de légers maux de tête.

  • Moins fréquemment, il peut provoquer une élévation des enzymes hépatiques ou des réactions allergiques.

TOXICITÉ

L'aprépitant présente généralement un profil de toxicité faible aux doses recommandées. Un surdosage peut entraîner des symptômes légers tels que des étourdissements, de la fatigue ou des troubles gastro-intestinaux. Les effets toxiques sévères sont rares ; toutefois, la prudence est de mise chez les patients présentant une insuffisance hépatique, car une réduction du métabolisme peut accroître l'exposition au médicament. Le traitement du surdosage est principalement symptomatique.