La droxidopa, une prodrogue aminée synthétique utilisée pour traiter l'hypotension orthostatique neurogène (nOH) symptomatique, a été développée dans les années 1990 et approuvée pour un usage médical dans les années 2010. Son histoire est marquée par son efficacité à améliorer la pression artérielle en position debout et à réduire les vertiges ainsi que les évanouissements chez les patients souffrant d'insuffisance autonome. La droxidopa, une prodrogue de la noradrénaline, a été approuvée aux États-Unis en 2014 et figure dans de multiples protocoles de traitement de la nOH. Son développement a donné lieu à des essais cliniques mettant en lumière tant ses bénéfices que ses risques potentiels tels que l'hypertension en décubitus, ce qui a conduit à la mise en place d'une surveillance attentive des patients et d'une titration posologique rigoureuse.

NOMS COMMERCIAUX

Northera – la principale marque approuvée pour le traitement de l'hypotension orthostatique neurogène (nOH) symptomatique.

MÉCANISME D'ACTION

La droxidopa est une prodrogue aminée synthétique qui est métabolisée en noradrénaline par l'enzyme L-aminoacide aromatique décarboxylase. En augmentant les taux de noradrénaline dans le système nerveux périphérique, la droxidopa renforce le tonus vasculaire et la pression artérielle, contribuant ainsi à atténuer les symptômes tels que les vertiges, les étourdissements et les évanouissements chez les patients atteints d'hypotension orthostatique neurogène. Son action s'avère particulièrement efficace chez les patients souffrant d'insuffisance autonome, situation dans laquelle la libération endogène de noradrénaline est insuffisante pour maintenir la pression artérielle lors du passage à la position debout.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

La droxidopa est bien absorbée après administration orale, atteignant ses concentrations plasmatiques maximales en l'espace d'environ une heure. Sa biodisponibilité orale est modérée ; bien que la prise de nourriture puisse légèrement retarder le moment d'atteinte de la concentration maximale, elle ne réduit pas de manière significative l'exposition globale au médicament. La droxidopa peut être prise avec ou sans nourriture, bien que son administration au cours des repas puisse améliorer sa tolérance gastro-intestinale chez certains patients.

Distribution

La droxidopa présente un volume de distribution d'environ 0,6 L/kg, ce qui témoigne d'une distribution modérée à travers les tissus corporels, principalement au sein du liquide extracellulaire. Cette distribution assure une disponibilité tissulaire suffisante pour sa conversion en noradrénaline, étape essentielle à son effet thérapeutique consistant à améliorer la pression artérielle et à réduire les symptômes de l'hypotension orthostatique neurogène.

Métabolisme

La droxidopa est principalement métabolisée par l'enzyme L-aminoacide aromatique décarboxylase pour donner de la noradrénaline, substance responsable de ses effets thérapeutiques sur l'augmentation de la pression artérielle. Elle est également convertie en un métabolite inactif, le 3-O-méthyl-DOPS, par l'intermédiaire de la catéchol-O-méthyltransférase (COMT).

Élimination

La droxidopa est principalement éliminée par excrétion rénale ; la majeure partie du médicament et de ses métabolites est excrétée dans les urines en l'espace de 24 heures. Sa demi-vie d'élimination est d'environ 2 à 3 heures, ce qui permet une administration en plusieurs prises quotidiennes afin de maintenir des niveaux de pression artérielle thérapeutiques.

PHARMACODYNAMIE

La droxidopa est une prodrogue synthétique qui est convertie dans l'organisme en noradrénaline, un neurotransmetteur clé du système nerveux sympathique. En augmentant les taux périphériques de noradrénaline, elle améliore le tonus vasculaire et la pression artérielle, contribuant ainsi à réduire les vertiges, les sensations d'étourdissement et les évanouissements chez les patients souffrant d'hypotension orthostatique neurogène (nOH).

ADMINISTRATION

La droxidopa s'administre par voie orale, généralement trois fois par jour — le matin, à la mi-journée et en fin d'après-midi pour prendre en charge les symptômes de l'hypotension orthostatique neurogène. La posologie est individualisée et ajustée progressivement en fonction de la réponse du patient et des mesures de la pression artérielle. Afin de minimiser l'hypertension en position couchée, la dernière dose quotidienne doit être prise au moins 3 à 4 heures avant le coucher.

POSOLOGIE ET ​​DOSAGE

La droxidopa est généralement administrée par voie orale, en débutant par une dose de 100 mg trois fois par jour le matin, à la mi-journée et en fin d'après-midi. La dose peut être augmentée progressivement par paliers de 100 mg toutes les 24 à 48 heures, en fonction de la réponse symptomatique du patient et de sa pression artérielle, jusqu'à atteindre une dose maximale de 600 mg trois fois par jour. Le médicament est disponible sous forme de gélules dosées à 100 mg, 200 mg et 300 mg.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

La droxidopa peut interagir avec plusieurs médicaments susceptibles d'affecter les taux de noradrénaline ou la pression artérielle. L'utilisation concomitante d'inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) peut entraîner une augmentation significative des taux de noradrénaline, majorant ainsi le risque de crise hypertensive. La droxidopa peut contrecarrer l'action des agents antihypertenseurs, réduisant ainsi leur efficacité ; par ailleurs, sa conversion en noradrénaline peut être inhibée par des bloqueurs de la dopamine β-hydroxylase, tels que le disulfirame.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

La droxidopa présente des interactions alimentaires minimes. Bien que la prise d'aliments puisse légèrement retarder le moment d'atteinte de la concentration plasmatique maximale, elle ne réduit pas de manière significative l'absorption globale ni l'efficacité du médicament. Le médicament peut être pris avec ou sans repas, et sa prise avec de la nourriture peut aider à réduire l'inconfort gastro-intestinal chez certains patients.

CONTRE-INDICATIONS

La droxidopa est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité connue au médicament ou à l'un de ses composants. Elle ne doit pas être utilisée chez les personnes atteintes de phéochromocytome, en raison du risque de crises hypertensives, ni chez celles souffrant d'une hypertension sévère en position couchée. La prudence est requise chez les patients ayant récemment subi un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral, un angor instable ou présentant des arythmies cardiaques significatives, car une augmentation des taux de noradrénaline peut aggraver ces affections cardiovasculaires.

EFFETS INDÉSIRABLES

  • Céphalées

  • Vertiges

  • Nausées et vomissements

  • Fatigue

  • Hypertension, en particulier hypertension en position couchée

SURDOSAGE

Un surdosage en droxidopa survient lorsque les doses dépassent le schéma thérapeutique recommandé, pouvant potentiellement entraîner une hypertension sévère, des céphalées, des palpitations, des nausées, des vomissements et des vertiges. Des événements cardiovasculaires graves, notamment des arythmies ou des crises hypertensives, peuvent survenir chez les patients prédisposés.

TOXICITÉ

Une toxicité liée à la droxidopa peut apparaître lors de la prise de doses excessives ou chez les patients particulièrement sensibles à la noradrénaline. Les manifestations cliniques peuvent inclure une hypertension sévère, des céphalées, des palpitations, des nausées, des vomissements et des arythmies. L'hypertension en position couchée constitue une préoccupation majeure et peut entraîner des complications cardiovasculaires si elle n'est pas prise en charge rapidement. La prise en charge de la toxicité est principalement symptomatique et repose sur la surveillance de la pression artérielle, l'ajustement de la posologie ou l'interruption temporaire du traitement.

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