Le cobicistat, un activateur pharmacocinétique utilisé dans le traitement du VIH/SIDA, a été développé au début des années 2000 et approuvé pour un usage médical au milieu des années 2010. Son histoire est marquée par son rôle dans l’augmentation de l’efficacité de certains médicaments antirétroviraux en inhibant les enzymes qui les métabolisent, augmentant ainsi leur concentration dans l’organisme. Contrairement aux antirétroviraux traditionnels, le cobicistat n’a pas d’activité antivirale directe mais est inclus dans de multiples thérapies combinées pour améliorer l’efficacité du traitement. Il a été approuvé aux États-Unis en 2014 et est couramment utilisé dans les médicaments combinés à dose fixe. Son développement a mis l'accent sur l'amélioration de la commodité du dosage et la réduction du fardeau de la pilule, contribuant ainsi à une meilleure observance chez les patients suivant un traitement anti-VIH.

NOMS DE MARQUES

• Tybost – la formulation autonome de cobicistat utilisée comme agent stimulant 

• Stribild – une association à dose fixe pour le traitement du VIH 

• Genvoya 

• Prezcobix 

• Évotaz

MÉCANISME D'ACTION

Le cobicistat agit comme un activateur pharmacocinétique en inhibant sélectivement l'enzyme cytochrome P450 3A (CYP3A) responsable du métabolisme de nombreux médicaments antirétroviraux. En bloquant cette enzyme, il augmente la concentration plasmatique et prolonge l'action des médicaments co-administrés tels que les inhibiteurs de protéase et les inhibiteurs d'intégrase. Bien qu'il n'ait aucune activité anti-VIH directe, le cobicistat améliore l'efficacité et la commodité de dosage des thérapies combinées contre le VIH.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

Le cobicistat est bien absorbé après administration orale, atteignant des niveaux plasmatiques maximaux en 3 à 4 heures environ. Son absorption est améliorée lorsqu'elle est prise avec de la nourriture, ce qui améliore sa biodisponibilité et assure un renforcement efficace des médicaments antirétroviraux co-administrés.

Distribution

Le cobicistat est fortement lié aux protéines plasmatiques (environ 97 à 98 %), principalement à l'albumine, et a un volume de distribution modéré. Cela lui permet de se distribuer dans les tissus corporels tout en maintenant des concentrations plasmatiques stables pour une stimulation efficace des médicaments co-administrés.

Métabolisme

Le cobicistat est largement métabolisé dans le foie, principalement par le système enzymatique du cytochrome P450 3A (CYP3A), avec une contribution mineure du CYP2D6. Il agit comme un puissant inhibiteur du CYP3A, qui ralentit son propre métabolisme et celui des médicaments antirétroviraux co-administrés, améliorant ainsi leurs taux plasmatiques et leur effet thérapeutique.

Élimination

Le cobicistat est éliminé principalement par métabolisme hépatique, la majorité du médicament étant excrétée dans les selles et une plus petite partie dans l'urine. Sa demi-vie d'élimination est d'environ 3 à 4 heures, ce qui lui permet de maintenir une inhibition efficace du CYP3A lorsqu'il est pris une fois par jour dans le cadre d'un traitement antirétroviral combiné.

PHARMACODYNAMIQUE

Le cobicistat n'a aucune activité pharmacodynamique antivirale directe contre le VIH. Au lieu de cela, sa pharmacodynamique repose sur une inhibition puissante et sélective de l’enzyme cytochrome P450 3A (CYP3A), ainsi que sur l’inhibition des protéines de transport intestinal telles que la glycoprotéine P. En réduisant le métabolisme et l'efflux des médicaments antirétroviraux co-administrés, il augmente leur exposition systémique, prolonge leur demi-vie et améliore l'efficacité thérapeutique globale des régimes combinés anti-VIH.

ADMINISTRATION

Le cobicistat est administré par voie orale, généralement sous forme d'association à dose fixe avec d'autres agents antirétroviraux. Il est pris une fois par jour avec de la nourriture pour améliorer l'absorption et garantir des taux plasmatiques constants. Il ne doit être utilisé que comme agent de rappel en association avec des médicaments spécifiques tels que les inhibiteurs de protéase ou d'intégrase, et non comme traitement autonome contre le VIH.

POSOLOGIE ET ​​FORCE

Le cobicistat est couramment disponible sous forme de comprimé oral à 150 mg lorsqu'il est utilisé comme rappel pharmacocinétique autonome. Dans les associations à doses fixes, il est inclus à 150 mg aux côtés d'autres agents antirétroviraux, tels que l'elvitégravir, le darunavir ou l'atazanavir. Le dosage typique est une fois par jour avec de la nourriture, et la concentration exacte dépend du produit combiné prescrit.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

Le cobicistat inhibe les enzymes CYP3A, ce qui entraîne une augmentation des taux sanguins de nombreux médicaments co-administrés en ralentissant leur métabolisme. Cela peut augmenter le risque de toxicité avec des médicaments tels que certaines statines, sédatifs et autres antirétroviraux. Les médicaments qui induisent fortement le CYP3A, comme la rifampicine ou la carbamazépine, peuvent réduire son efficacité. Par conséquent, une sélection minutieuse et un ajustement de la dose des médicaments qui interagissent sont nécessaires pendant le traitement.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

Le cobicistat n'a pas d'interactions alimentaires significatives et il est généralement recommandé de le prendre avec de la nourriture pour améliorer l'absorption. La nourriture aide à maintenir des niveaux de médicament plus constants, mais elle ne modifie pas de manière significative son métabolisme ou son efficacité.

CONTRE-INDICATIONS

Le cobicistat est contre-indiqué chez les patients présentant une hypersensibilité au médicament ou à ses composants. Il ne doit pas être utilisé avec des médicaments fortement dépendants du métabolisme du CYP3A, tels que le midazolam ou le triazolam oral, en raison d'un risque de toxicité grave. Il est également contre-indiqué avec les inducteurs puissants du CYP3A comme la rifampicine ou le millepertuis, car ceux-ci peuvent réduire considérablement son efficacité.

EFFETS SECONDAIRES

•Nausée

• Vomissements

• Douleur abdominale

•Éruption cutanée

• Augmentation de la créatinine sérique (sans véritable dommage rénal)

• Enzymes hépatiques élevées

• Jaunisse (rare)

SURDOSE

• Aucun antidote spécifique disponible

• Un traitement de soutien et symptomatique est recommandé

• Possibilité d'inhibition exagérée du CYP3A conduisant à une augmentation des niveaux de médicaments co-administrés

TOXICITÉ

La toxicité du cobicistat est principalement liée à une inhibition excessive du CYP3A, qui peut augmenter les taux de médicaments co-administrés et entraîner des effets indésirables liés aux interactions. Il peut également provoquer une élévation des enzymes hépatiques et une augmentation réversible de la créatinine sérique sans véritable lésion rénale. Des symptômes gastro-intestinaux tels que des nausées, des vomissements et de la diarrhée peuvent survenir en cas d'exposition plus élevée.