La cilastatine est un médicament utilisé pour prévenir le métabolisme rénal de certains antibiotiques, en particulier l'imipénème, augmentant ainsi leur efficacité et réduisant la toxicité rénale. Il agit en inhibant l'enzyme déshydropeptidase-I dans les reins, qui autrement dégraderait l'antibiotique avant qu'il ne puisse agir. La cilastatine est souvent administrée en association avec l'imipénème pour traiter les infections bactériennes graves, y compris celles causées par des agents pathogènes résistants. Il a été développé à la fin des années 1970 et a reçu l’approbation de la FDA au début des années 1980 pour une utilisation clinique.
NOMS DE MARQUES
Primaxin® – combinaison d'imipénem et de cilastatine.
Tienam® – combinaison d'imipénem et de cilastatine, utilisée dans certaines régions en dehors des États-Unis.
MÉCANISME D'ACTION
La cilastatine agit en inhibant l'enzyme rénale déshydropeptidase-I, qui décompose normalement l'imipénème dans les reins. En bloquant cette enzyme, il empêche la dégradation de l’imipénème, permettant ainsi des niveaux de médicament actif plus élevés dans l’organisme. Cela améliore l’efficacité de l’antibiotique et réduit la formation de métabolites toxiques, protégeant ainsi les reins. La cilastatine elle-même n’a aucune activité antibactérienne directe.
PHARMACOCINÉTIQUE
Absorption
La cilastatine est administrée par voie intraveineuse et est donc entièrement biodisponible, contournant le processus d'absorption gastro-intestinale. Puisqu’il n’est pas administré par voie orale, les paramètres d’absorption traditionnels ne s’appliquent pas. Il atteint rapidement des niveaux thérapeutiques dans le sang lorsqu’il est administré en association avec l’imipénème.
Distribution
La cilastatine a un volume de distribution relativement faible, généralement autour de 0,2 à 0,3 L/kg, ce qui indique qu'elle est principalement confinée au liquide extracellulaire. Il présente une liaison modérée aux protéines plasmatiques (environ 40 %) et se distribue principalement dans les fluides corporels tels que le liquide interstitiel, avec une pénétration limitée dans les tissus et le système nerveux central.
Métabolisme
La cilastatine subit un métabolisme minimal dans l’organisme. Il n’est pas biotransformé de manière significative et reste largement inchangé après administration. Au lieu d'être métabolisé, il agit principalement localement dans les reins pour inhiber la déshydropeptidase-I et est ensuite excrété sous forme inchangée.
Excrétion
La cilastatine est principalement excrétée sous forme inchangée par les reins par filtration glomérulaire et sécrétion tubulaire. Une grande partie de la dose administrée est éliminée dans les urines dans les 24 heures. Son élimination est étroitement liée à la fonction rénale, des ajustements posologiques peuvent donc être nécessaires chez les patients présentant une insuffisance rénale.
PHARMACODYNAMIQUE
La cilastatine est un inhibiteur spécifique de l'enzyme rénale déshydropeptidase-I et son effet pharmacodynamique est de protéger l'imipénème de la dégradation enzymatique dans les reins. En bloquant cette enzyme, il augmente la concentration et la durée de l'imipénème actif dans l'organisme tout en réduisant la formation de métabolites néphrotoxiques. La cilastatine elle-même n'a aucune activité antibactérienne intrinsèque, mais elle améliore l'efficacité et la sécurité du traitement par l'imipénème.
ADMINISTRATION
La cilastatine est administrée par perfusion intraveineuse, généralement avec de l'imipénem, pour prévenir sa dégradation dans les reins et améliorer son efficacité.
POSOLOGIE ET FORCE
La cilastatine est toujours administrée en association avec l'imipénem par perfusion intraveineuse. La posologie est exprimée en fonction de l'association imipénème-cilastatine. Chez l'adulte, la dose habituelle varie de 250 mg à 1 g toutes les 6 à 8 heures, selon la gravité et le type d'infection.
INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES
Acide valproïque : l'utilisation concomitante peut réduire considérablement les taux d'acide valproïque, augmentant ainsi le risque de convulsions.
Ganciclovir : Peut augmenter le risque de toxicité du système nerveux central, y compris les convulsions.
Probénécide : peut diminuer l'excrétion rénale de la cilastatine et de l'imipénème, entraînant une augmentation des taux plasmatiques.
INTERACTIONS ALIMENTAIRES
La cilastatine est administrée par voie intraveineuse et n'est pas absorbée par le tractus gastro-intestinal, de sorte que la nourriture n'affecte pas son activité ou sa biodisponibilité. Il n’existe aucune restriction alimentaire ou interaction connue avec les repas.
CONTRE-INDICATIONS
La cilastatine (en association avec l'imipénem) est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité connue à la cilastatine, à l'imipénem ou à d'autres antibiotiques β-lactamines (tels que les pénicillines ou les céphalosporines). Il doit également être évité chez les personnes ayant des antécédents de réactions allergiques graves (par exemple anaphylaxie) à ces médicaments.
EFFETS SECONDAIRES
La cilastatine elle-même est généralement bien tolérée, mais lorsqu'elle est administrée avec l'imipénem, certains effets indésirables courants et moins fréquents peuvent survenir :
Nausées et vomissements
Diarrhée
Éruption cutanée
Réactions au site d'injection
SURDOSE
Nausées, vomissements et diarrhée
Convulsions ou autres symptômes du système nerveux central
Confusion ou étourdissements
TOXICITÉ
La cilastatine elle-même a une faible toxicité. La plupart des effets indésirables sont liés à l'imipénème et peuvent inclure des convulsions, des réactions allergiques ou des modifications de la formule sanguine, en particulier chez les patients présentant une insuffisance rénale.