L'acitrétine, un rétinoïde systémique utilisé pour traiter le psoriasis sévère, a été développée dans les années 1980 et approuvée pour un usage médical à la fin de cette même décennie. Son histoire est marquée par son efficacité dans le traitement de troubles cutanés sévères, mais aussi par la découverte de risques tératogènes significatifs ayant conduit à la mise en place de programmes stricts de prévention des grossesses préalablement à sa prescription. L'acitrétine, un rétinoïde qui module la différenciation et la prolifération des kératinocytes, a été approuvée aux États-Unis en 1988 et figure dans de multiples protocoles de traitement dermatologique. Son développement a reposé sur des essais cliniques rigoureux et des programmes notables de surveillance de la sécurité, garantissant une utilisation initiale contrôlée ainsi qu'un suivi des patients sur le long terme.

NOMS COMMERCIAUX 

• Soriatane (commercialisé par Novartis aux États-Unis et dans plusieurs autres pays)

• Neotigason (commercialisé en Europe, notamment en Suisse et en Allemagne, par Roche)

• Cicatricin (commercialisé en Inde)

• Acitretin Teva (commercialisé par Teva Pharmaceuticals dans diverses régions)

• Acitretin Mylan (commercialisé par Mylan sur certains marchés)

• Acitretin Ranbaxy (commercialisé par Ranbaxy, Inde)

• Acitretin Stada (commercialisé en Europe par Stada Arzneimittel)

MÉCANISME D'ACTION

L'acitrétine agit en tant que rétinoïde systémique en régulant la croissance et la différenciation des cellules cutanées. Elle se lie aux récepteurs nucléaires de l'acide rétinoïque (RAR), qui modulent la transcription des gènes impliqués dans la prolifération et la différenciation des kératinocytes. En normalisant la production et la desquamation des cellules cutanées, l'acitrétine atténue la desquamation excessive, l'épaississement et l'inflammation observés dans le psoriasis sévère. Contrairement aux traitements topiques, ses effets sont systémiques ; ils agissent sur plusieurs couches de la peau et, dans certains cas, sur d'autres tissus épithéliaux. Des améliorations cliniques sont généralement observées au bout de plusieurs semaines de traitement, et l'utilisation du médicament fait l'objet d'une surveillance étroite en raison de risques potentiels de tératogénicité, d'hépatotoxicité et d'altérations du métabolisme lipidique.

PHARMACOCINÉTIQUE

Absorption

L'acitrétine est bien absorbée par le tractus gastro-intestinal après administration orale, avec une biodisponibilité estimée à environ 60-70 %. Les concentrations plasmatiques maximales sont généralement atteintes dans les 1 à 4 heures suivant l'administration, bien que l'alimentation puisse influencer la vitesse et l'importance de l'absorption.

Distribution

Le volume de distribution de l'acitrétine est d'environ 0,4 à 0,7 L/kg. L'acitrétine est fortement liée aux protéines plasmatiques, principalement l'albumine, ce qui influence sa distribution dans l'ensemble de l'organisme, y compris la peau et les autres tissus épithéliaux.

Métabolisme

L'acitrétine est principalement métabolisée dans le foie par des voies d'oxydation et de conjugaison, formant ainsi des métabolites inactifs. Certains de ces métabolites peuvent subir une conversion réversible en étrétinate, en particulier en présence d'alcool. Le métabolisme de l'acitrétine est influencé par la fonction hépatique, et ses métabolites sont principalement excrétés par voie urinaire et, dans une moindre mesure, dans les fèces.

Excrétion

L'acitrétine est éliminée de l'organisme principalement sous forme de métabolites. Après le métabolisme hépatique, ces métabolites sont principalement excrétés dans les urines, une portion plus faible étant excrétée dans les fèces. Seules des quantités minimes d'acitrétine inchangée sont éliminées, ce qui témoigne de son métabolisme important et de sa conversion en composés inactifs, incluant la formation potentielle d'étrétinate dans certaines conditions.

PHARMACODYNAMIE

L'acitrétine est un rétinoïde systémique qui exerce son effet thérapeutique en se liant aux récepteurs nucléaires de l'acide rétinoïque (RAR), lesquels régulent la transcription des gènes impliqués dans la prolifération et la différenciation des kératinocytes. En normalisant la croissance et le renouvellement des cellules cutanées, l'acitrétine réduit la desquamation, l'épaississement et l'inflammation associés au psoriasis sévère. Ses effets sont dose-dépendants, d'apparition progressive, et nécessitent une surveillance attentive en raison des risques potentiels de tératogénicité, d'hépatotoxicité et d'anomalies lipidiques.

POSOLOGIE ET ​​MODE D'ADMINISTRATION

• Voie d'administration : Orale

• Dose initiale : Généralement 25 à 50 mg une fois par jour

• Dose d'entretien : Typiquement 10 à 50 mg par jour, individualisée en fonction de la réponse clinique et de la tolérance

• Surveillance : Des bilans hépatiques réguliers, des profils lipidiques et la vérification du statut gravidique sont essentiels en raison des risques d'hépatotoxicité, d'hyperlipidémie et de tératogénicité

• Moment de la prise : Le médicament peut être pris avec ou sans nourriture, mais il est préférable de le prendre à la même heure chaque jour

• Ajustement de la dose : Nécessaire chez les patients présentant une insuffisance hépatique, les patients âgés ou ceux présentant un risque élevé d'effets indésirables ; Des mesures strictes de prévention de la grossesse doivent être respectées.

INTERACTIONS MÉDICAMENTEUSES

L'acitrétine peut interagir avec les médicaments hépatotoxiques, l'alcool et les suppléments en vitamine A, augmentant ainsi le risque d'hépatotoxicité, d'hyperlipidémie et de tératogénicité. Son absorption peut être réduite par les agents fixant les acides biliaires, et l'alcool peut la transformer en un métabolite à action prolongée : l'étrétinate. Une surveillance attentive de la fonction hépatique et du bilan lipidique, ainsi qu'une prévention rigoureuse de la grossesse, sont essentielles durant le traitement.

INTERACTIONS ALIMENTAIRES

L'absorption de l'acitrétine peut être influencée par des repas riches en graisses ; de plus, la consommation d'alcool doit être évitée, car elle peut transformer le médicament en un métabolite tératogène à action prolongée : l'étrétinate. Les suppléments en vitamine A ainsi que certains produits à base de plantes peuvent accroître la toxicité du traitement ; il est donc recommandé aux patients de maintenir un régime alimentaire stable et de consulter leur médecin avant de prendre tout complément alimentaire.

CONTRE-INDICATIONS

L'acitrétine est contre-indiquée chez les patients présentant une hypersensibilité connue à l'acitrétine ou à d'autres rétinoïdes. Elle ne doit pas être utilisée pendant la grossesse ni chez les femmes envisageant une grossesse, en raison d'un risque élevé de malformations fœtales graves. Ce médicament est également contre-indiqué chez les patients souffrant d'une affection hépatique sévère, d'une hyperlipidémie non contrôlée ou d'un alcoolisme chronique. La prudence est de mise chez les personnes présentant une insuffisance rénale ou d'autres affections susceptibles d'accroître le risque de toxicité.

EFFETS INDÉSIRABLES

• Sécheresse de la peau, des lèvres (chéilite) et des muqueuses

• Desquamation ou démangeaisons cutanées

• Affinement ou perte des cheveux (alopécie)

• Maux de tête

• Vertiges

• Nausées

• Élévation des enzymes hépatiques

• Augmentation des lipides sanguins (hypertriglycéridémie)

• Douleurs articulaires ou musculaires

• Sensibilité à la lumière du soleil (photosensibilité)

TOXICITÉ

La toxicité de l'acitrétine, généralement provoquée par un surdosage ou une utilisation prolongée, se manifeste principalement par des symptômes d'hypervitaminose A, en raison de son activité rétinoïde. Elle peut entraîner une sécheresse sévère de la peau et des muqueuses, une toxicité hépatique, une élévation des taux de lipides et, surtout, un risque élevé d'effets tératogènes.